22 mars 2009
Eau polluée
Sombre pensée,
Lumière pincée,
Prismes déliés,
Ombre cirée,
Traits reliés,
Eau ridée,
P
O
L
L
U
É
E
©Max-Louis MARCETTEAU 2009
12 mars 2009
Nos dimanches
Tes seins ne servent plus mes lèvres le matin,
Mes mains ne tiennent plus tes belles hanches,
Tes câlins ne couvrent plus ma peau de satin,
Nos demains ne pensent plus à nos dimanches !
©Max-Louis MARCETTEAU 2009
05 mars 2009
Chambre portraitisée
Traits décousus du matin, son visage dort !
Volet déroulé au sol mouillé d’une brume
Assoiffée de coquinerie, la vitre du Nord
S’embrume de la chaleur intime, écume
Qui s’écoule lentement du drap, parfume
La tapisserie Kâma-sûtra de la chambre
Bleue amoureuse des corps, volumes
Qui se modifient, s’étirent et se cambrent,
Au souffle saccadé d’une lampe lubrifiée
De la lumière de jouir par des séquences
Nouvelles, par interruptions choisies nées
Des désirs de connaître l’absolue semence
Du délire de s’inonder de plaisir du livre
Posé, écartelé à l’extrême où ses mots
Dénudés de leur concavité, délivrent
Les hoquement des préfixes impériaux
D’un septième ciel pourvu d’un tapis
Déroulé au pied d’une armoire de glace
Déshabillée d’émotions au bord du lit
Défait, dédrapatisé des angoisses
D’un jour qui s’annonce heureux, vrai,
Immortel comme l’étoile blanche du poète
Qui écrit les lignes d’un demain au jet
D’une encre vorace qui s’épanche, satisfaite !
©Max-Louis MARCETTEAU
08 février 2009
L’appel
Religiosa, ma sœur, amante du Seigneur, tes mains jointes
Enferment tes péchés, tes phantasmes, à genoux, tu pries !
Louve, tu enfantes en ton âme des interdits, cœur hyacinthe,
Ingénue de l’œuvre d’un jour endormi de solitude, tu cries !
Giflée par l’ardeur de tes pulsions, en toi se consume la vie
Intransigeante de la règle, tu respires ton carême sur le sol
Enflammé de tes désirs de corps à corps et lasses, tu plies
Usée, défaite, sur ta croix, à ton alliance, à tes vœux fols,
Soustrait tes mots et vient rejoindre la fièvre des chairs
En dehors du couvent, ton pasteur t’attend à sa prière !
©Max-Louis MARCETTEAU
NM
Photo de Aneta Kowalczyk
C’est un « Je t’Aime » très intime qui se déflore
A deux sur le parvis d’un A qui sonne le pourquoi
D’un Nous dans un espace plié entre drap décor,
Lumière du partage, nos lèvres éclairent notre foi !
©Max-Louis MARCETTEAU
02 février 2009
Photos du néant
Appareil Photo Zenobia du http://mgroleau.com/
L’appareil photo est une belle invention :
Il suffit d’un clic pour emmurer un instant,
Une image s’inscrit à sa vie et entre temps,
D’une génération à l’autre notre cerveau tend,
A s’atrophier ne reconnaissant plus les gens,
Les mots écrits, un fois de plus sont absents !
La photographie a une belle parure d'inconnus en collection !
©Max-Louis MARCETTEAU
01 février 2009
Pour Elle
(Jeu d'écriture du site Enriqueta)
(commencez par : "Écoutez d'où ma peine vient)
Écoutez d'où ma peine
vient, mon cœur chavire.
Tes larmes fantômes
érodent la charpente bois,
De mes mots posés sur
ton gisant, je viens lire,
Mes poèmes à la nuit
tombée, tout prêt de toi !
Écoutez d'où ma peine
vient, ma vie est brisée.
Mes heures sont des
automnes aux feuillages,
Arrachés au vent de
la mélancolie, je cris, lié,
A tes bras qui me
serrent encore, de ta cage !
Écoutez d'où ma peine
vient, mes mains tremblent.
Ton âme en étoile
vient me tenir compagnie la nuit,
A la voûte
spiralée de mon esprit , je ressemble,
A la folie qui me
perfuse sa déraison, jusqu'à l'asphyxie !
Écoutez d'où ma peine
vient, tu es partie trop tôt.
Suspendu à une corde,
un dernier sanglot d'amour,
Ma vie se termine
dans une cave, un ultime mot,
Je me laisse emporter
par un nuage noir, vautour !
©Max-Louis MARCETTEAU
2009
Egolroh
horloge-design-karlsson-envers-450
Une horloge, un jour, s’arrêta de travailler pour le Temps !
Elle décida de se mettre à son compte ! Elle normalisait
Les cadences des machines qui fabriquaient les ardents
Engrenages des humains amoureux et qui battaient
D’un cœur d’une pureté incomparable, il va sans dire !
Hélas, l’horloge se grippa par un mauvais temps d’hiver !
Depuis ce jour regrettable le genre humain est un vampire
Pour lui-même et s’auto détruit en de magnifiques manières !
©Max-Louis MARCETTEAU
31 janvier 2009
Tu es froide
Tu es froide comme l’azote et ton regard de lynx traverse mon
regard de guépard et pourtant, je respire tes derniers mots chlorhydriques
projetés comme un lance-flamme sur le parvis de notre amour, aux portes d’une
gare. Elle n’a pas pris feu, moi non plus et cependant, depuis, je consume. Le
banal d’une rupture annoncée, amorcée par nos divergences accentuées par le
refus de signer tacitement des compromis pour notre avenir. Avenir ! Il y
a des mots qui méritent le purgatoire, ou l’obsolescence. Je n’ai pas d’avenir,
seul le destin qui m’est alloué pour cette vie présente me trace le chemin en
filigrane. Normal, celui-ci ne va pas effectuer tout le travail ! A chacun
de pourvoir à étayer ce destin. D’ailleurs, je me tiens aux mots d’Edmond JABES : « Tu es
celui qui écrit et qui est écrit ». Heureux les hommes et les femmes (ne
soyons pas misogyne, j’aime les femmes toute de même) d’écriture qui nous
ouvrent des voies, parfois, il faut le reconnaître, obscures. Les paraboles
nombreuses ne permettent pas de capter le sens véridique (à défaut de capter
les chaînes d’un satellite géostationnaire) et souvent des voies rayonnantes de
vérité (faut pas non plus que je plonge la tête la première (non tonsurée) dans
la bondieuserie.) L’un et l’autre nous
pouvions être heureux. Nous l’avons été. Ce qui donne des souvenirs
impérissables (le contraire de l’alimentaire vous en conviendrez) et sur ce
point, effectivement, la douleur est pathologique. Car les souvenirs ne sont
pas toujours de bons augures. Apparemment, d’ici quelques années un nouveau
médicament sortira des laboratoires pour supprimer les mauvais souvenirs. Testé
sur des souris, cela fonctionne à merveille. Il n’y a plus qu’à attendre les
expériences sur l’homme. Ce qui m’inquiète est le devenir des poètes et blogs larmoyants
sur des vies tristes, dépressives et autres (d’ailleurs moi-même, je ne suis
pas le dernier). Nous serons tous heureux ! Quelle tristesse ! Nous
serons tous Limbotisés, d’un titre de Bernard Wolfe : Limbo de 1978. Pour
l’instant, je franchis la dernière haie (histoire de dire que je suis à bout de
souffle, à ne pas confondre avec le film) sous un soleil de plomb. Tu fermes la
portière de ton carrosse (une superbe voiture pour une superbe femme, faut
l’avouer humblement), tu boucles un chapitre de ta vie. Je gomme le mien à
défaut de le brûler. Un moment de compassion ? Non, la lâcheté de ne pas
survivre à ton absence, qu’il soit toujours visible en filigrane (souvenir,
souvenir). Nous jetons chacun de notre côté nos heures, nos mois, nos années
d’amour (n’ayons pas peur de l’écrire) sur un dernier regard (surtout le tien).
Le roc que j’étais est devenu sable entre tes mains. Tu as posé tes valises
dans ma vie de moins que rien, tu as sorti tes outils de sculpteur, tu as
taillé toutes mes perspectives d’avenir qui était le tien et puis je n’ai pas
su t’aimer, si ce n’est ton corps (Ah ! La chair). Aujourd’hui, je n’ai
qu’un seul vœu à exaucer : ne reviens plus . . .me hanter !
©Max-Louis
MARCETTEAU
30 janvier 2009
La foi écaillée
Les Trois Marie au tombeau - Hubert van Eyck
Deux mille ans de servitudes et l'attente de ternir dans ses bras,
La foi humaine pour aimer un seul symbole d'unité et récolter
L'obole d'une prière marmonnée devant une tombe de soldat,
Et nourrir sa haine, au fruit de la vengeance, le cœur condamné,
L'humain s'avance, criant son martyre, écrit son chaos ici bas !
©Max-Louis MARCETTEAU 2009










